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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/100

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VIE DE MÉLANIE

lui pour moi la faveur d’être crucifiée avec Jésus-Christ, mon aimable et divin Maître que j’aime de toutes les puissances de mon âme. » Mon bon Frère me dit affectueusement : « Êtes-vous digne, ma sœur, d’avoir tant de souffrances ? » Je lui répondis vivement : « Je ne suis digne que de châtiments, mais mon aimant Jésus est digne de toutes grâces, puisqu’il m’a donné ses mérites infinis, etc., etc. Donc, cher Frère, nonobstant mes démérites, exaucez-moi par les mérites de Jésus-Christ. »

Mon Frère aussitôt porta sa douce main droite à sa poitrine et en retira une fleur violette et verte et me la mit dans la bouche en me disant : « Voici la passion qui correspond à votre âge, la divine miséricorde vous la donne. » À l’instant je fus ravie à mes sens et intellectuellement j’eus une très claire connaissance des souffrances de Jésus-Christ pour le salut du genre humain passé, présent et futur ; ainsi que de ses divines dispositions envers son Père Éternel, son égal absolument en toutes choses.

Il vaut mille fois mieux se taire sur l’ineffable, l’inimaginable grandeur de Dieu et sur les effets qu’il produit et incarne, pour ainsi dire, dans l’intellect. J’aurais voulu faire participer