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JOURNÉE III, SCÈNE I.

je puis m’être attirés personnellement, c’est moi qui les supporte. Or vous conviendrez que ce partage n’est pas juste, et que je dois reprendre mon véritable nom.


flora, chantant, du dehors.

« L’abeille voltige parmi les fleurs ; viens, amour viens la saisir. »


don félix.

Je vous répondrai plus tard.


don césar.

Vous pouvez bien me répondre sur-le-champ.


don félix.

Songez donc qu’en ce moment même…


flora, chantant, du dehors.

« Viens, amour, viens la saisir. »


don félix.

L’occasion se passe.


don césar.

Vous m’obligerez beaucoup.


une voix, du dehors.

Ne chante plus.


don félix.

Vraiment ! vous êtes cruel !


don césar.

Non, non, vous n’irez pas.


don félix.

Quoi ! vous me faites perdre la plus belle occasion…


don césar.

Attendez ! on vient de jeter un papier par la fenêtre.

Il ramasse un papier.

don félix.

C’est sans doute pour me reprocher mes retards.


don césar.

À César, dit la suscription.


don félix, prenant la lettre.

Montrez, puisqu’ici je suis don César. Vous m’écouterez, et vous verrez si je suis de bonne foi. Ce n’est pas une écriture de femme.


don césar.

De qui cela peut-il être ?


don félix.

Il est signé Lisardo.


don césar.

Lisardo ! qu’est-ce que c’est que cela ?


don félix, lisant.

« Quoique j’eusse pu venger sans péril la mort de mon frère Laurencio… » (Parlant.) C’est une mystification !