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LE PIRE N’EST PAS TOUJOURS CERTAIN.

prendre pour vous protéger encore, alors qu’il ne m’est plus permis de vous aimer. Sachez donc, Léonor…


léonor.

N’achevez pas. Quelque chose que vous désiriez, qu’elle soit juste ou non, il me suffira de savoir que tel est votre désir pour m’y soumettre. Certes, dans la triste situation où je me trouve, il m’est pénible de vous voir plus soigneux de remplir les devoirs d’un cavalier que ceux d’un amant ; mais votre volonté est ma loi, je m’y soumettrai aveuglément ; et dès lors, à quoi bon m’en apprendre davantage ?


don carlos.

Ah ! belle Léonor, combien cette soumission toucherait mon cœur si elle provenait de la seule affection et non de la nécessité !


léonor.

L’homme qui comme vous s’est ainsi laissé abuser par une fausse apparence, ne revient pas aisément de son erreur, surtout lorsqu’il fait lui-même aussi peu d’efforts pour s’assurer au juste de ce qui a pu être ou n’être pas.


don carlos.

N’essayez pas de vous justifier, Léonor ; cela n’est pas possible.


léonor.

Veuillez, du moins, m’accorder encore une grâce ; ce sera la dernière que réclamera de vous mon amour.


don carlos.

Quoi que ce soit, vous pouvez y compter. Que désirez-vous ?


léonor.

Écoutez-moi, et ensuite, si vous le jugez à propos, ne me croyez pas…


don carlos.

À cette condition, j’y consens. Parlez donc ; qu’exigez-vous de moi ?


léonor.

Votre attention seulement.


don carlos.

Un moment. — Fabio !


fabio.

Seigneur ?


don carlos.

Si tu vois arriver le cavalier chez qui tu es allé, tu entreras avant lui, afin que Léonor ait le temps de se cacher. (Fabio sort.) Parlez, maintenant.


léonor.

Vous savez, mon cher don Carlos… Mais non, je commence mal ; je veux vous dire la vérité, et je commence par une chose qui n’est pas vraie ; car vous n’êtes plus à moi, don Carlos ; et quel est mon malheur désormais, que je doive m’interdire des mots qui m’étaient