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9. Livrant sans réserve ses sens et son cœur aux charmes décevants des femmes impudiques auxquelles il s’abandonne en secret, ainsi qu’au langage caressant des petits enfants dont les paroles sont douces,

10. Le père de famille, au sein de sa maison où dominent le mensonge et la misère, s’attachant sans relâche à remédier au malheur, se figure qu’il est heureux.

11. C’est avec les biens qu’il a ramassés de tous côtés, en se livrant aux actes de violence les plus coupables, qu’il nourrit ces êtres dont il mange les restes, et qu'il ne soutient qu’en se perdant lui-même.

12. Quand il voit ses moyens de vivre épuisés, après qu’il en a plusieurs fois rassemblé de nouveaux, alors, privé de ressources et en proie à la cupidité, il désire le bien d’autrui.

13. Incapable de soutenir sa famille, triste parce que tous ses efforts sont vains, désormais privé de bonheur et plongé dans la misère, il soupire en proie au trouble de ses pensées.

14. Une fois qu’il ne peut plus nourrir les siens, sa femme et ses enfants ne le respectent plus comme ils faisaient autrefois, semblables au laboureur qui néglige un vieux taureau.

15. Sans pouvoir, même en cet état, se détacher du monde, soutenu par ceux qu’il nourrissait, défiguré par la vieillesse, il voit la mort face à face dans sa maison.

16. Il reste assis, mangeant ce qu’on lui jette avec mépris, comme au chien qui garde la maison, malade, n’allumant plus le feu, prenant peu d’aliments, et n’agissant presque plus.

17. Les yeux hors de la tête, fatigué par la toux et par les soupirs que lui arrache le vent qui traverse les conduits [de la respiration] obstrués par le phlegme, sa gorge fait entendre des sons rauques.

18. Gisant environné de ses parents qui se lamentent autour de lui, il ne répond plus quand on l’appelle, parce qu’il est tombé sous l’empire des chaînes du Temps.

10. C’est ainsi que l’homme exclusivement occupé du soin de sa