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corps et de tout ce qui en dépend, parce qu’il a reconnu par la science la nature véritable de Prakrĭti et de Purucha ;

10. Affranchi des conditions auxquelles est soumise l’intelligence, ayant rejeté bien loin la vue de toute autre chose [que l’âme], s’étant saisi lui-même avec son propre esprit, comme la vue atteint le soleil [dont elle n’est pas distincte], et se voyant face à face,

11. Le sage perçoit au sein de sa Personnalité, qui n’existe réellement pas, un reflet de l’Être, qu’il voit exempt d’attributs, allié à la cause, éclairant l’effet, contenu dans toutes choses et unique.

12. De même qu’en voyant [dans l’intérieur d’une maison fermée] le disque du soleil reproduit sur le mur, on reconnaît que ce doit être l’eau qui le réfléchit [du dehors], et que de ce dernier fait on conclut qu’il est dans le ciel ;

13. Ainsi la Personnalité, qui a une triple forme, est conclue de l’existence des éléments, des sens et du cœur qui en sont comme le reflet ; et de la Personnalité à son tour, au sein de laquelle se réfléchit l’Être existant, est conclu l’Esprit qui voit la vérité.

14. Lorsque, dans ce monde, les molécules élémentaires, les sens, l’Intelligence et les autres facultés ont été anéanties par le sommeil [profond], au sein de la cause qui n’existe pas [pour nos organes], l’homme qui alors échappe au sommeil et à la Personnalité,

15. Et qui croit, mais à tort, au moment où sa Personnalité disparaît, que son âme qui ne périt pas est anéantie, de même que celui qui se croit mort parce qu’il a perdu ses richesses ;

16. L’homme, dis-je, qui ramène ainsi sur soi sa réflexion, atteint sa propre essence, qui est la demeure du sujet doué de Personnalité, et qui le saisit dans son sein.

17. Dêvahûti dit : La Nature, ô Brâhmane, ne permet jamais à l’Esprit de se séparer d’elle, parce qu’ils sont unis l’un à l’autre, et qu’ils sont tous deux éternels.

18. De même que la terre et l’odeur n’ont pas une existence distincte l’une de l’autre, non plus que la saveur et l’eau, ainsi l’Intelligence et l’Esprit suprême n’existent pas séparément.

19. Dès qu’existent les qualités de la Nature auxquelles l’Esprit ne