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27. Toi seul tu peux certainement détruire la douleur des êtres qui souffrent, et toi seul aussi tu peux l’envoyer à ceux qui ne se réfugient pas à tes pieds.

28. Celui qui voit clairement au fond des cœurs, reconnaissant le danger de Brahmâ, Abandonne ce corps redoutable, lui cria-t-il, et Brahmâ l’abandonna aussitôt.

29. Ce corps apparut sous la forme d’une femme, dont les pieds, semblables au lotus, portaient des anneaux retentissants, dont les regards erraient troublés par la passion, dont les reins étaient couverts d’un vêtement de soie sur lequel se jouaient les clochettes de sa ceinture,

30. Dont les seins élevés et rapprochés l’un de l’autre n’étaient séparés par aucun intervalle, qui avait un beau nez, de belles dents, un doux sourire et un regard gracieux,

31. Qui se cachait par pudeur [dans son vêtement], et dont le visage était protégé par des boucles de cheveux noirs ; les Asuras, vertueux guerrier, ayant pris ce corps pour une femme, se sentirent tous pour elle la même passion.

32. Ah quelle beauté ! Ah quelle noblesse ! Ah ! Que sa jeunesse est tendre ! Elle passe au milieu de ceux qui brûlent de désirs comme si elle n’en éprouvait pas.

33. Après s’être livrés ainsi à mille réflexions, les Asuras, abordant avec intérêt cette forme de femme qui était Sam̃dhyâ (le crépuscule du soir), l’interrogèrent avec de mauvaises pensées dans le cœur.

34. Qui es-tu, de qui es-tu fille, ô toi dont les cuisses ressemblent à la tige du bambou ? quel est ton but en venant ici, femme orgueilleuse ? Tu nous désoles, nous malheureux, en offrant à nos regards ta beauté qui est d’un prix inestimable.

35. Qui que tu sois, ô belle fille, c’est déjà un bonheur que de te voir ; tu agites le cœur de ceux qui te regardent, comme la balle qu’une femme fait bondir en se jouant.

36. Le lotus de tes pieds ne s’arrête jamais en aucun endroit, femme charmante, toi qui frappes sans cesse de la paume de ta