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le géant, habile dans le combat, repoussa l’arme du Dieu avec sa propre massue.

18. C’est ainsi que Haryakcha et Hari, transportés tous deux par le désir de vaincre, s’attaquaient avec leurs massues pesantes.

19. Ardents, blessés par la massue tranchante, excités par l’odeur de leur sang qui coulait, ces deux rivaux qui, dans le désir de vaincre, cherchaient des chemins divers pour se frapper, ressemblaient à deux taureaux qui luttent pour la possession d’une génisse.

20. Cependant Svarâdj (Brahmâ), entouré des Rĭchis, vint pour contempler la lutte que soutenaient à cause de la terre le Dâitya et le Dieu magnanime dont les membres sont les sacrifices, et qui avait pris la forme d’un sanglier à l’aide de sa Mâyâ.

21. À la vue du Dâitya exalté par l’orgueil, libre de crainte, qui rendait coup pour coup, et dont la valeur était irrésistible, le chef des mille Rĭchis chanta Nârâyaṇa, le sanglier primitif.

22 et 23. Brahmâ dit : Ce coupable Asura outrageant, effrayant et traitant avec violence les Dêvas qui se réfugient, ô Dieu, sous la plante de tes pieds, avec les Brâhmanes, les vaches et les créatures innocentes, parcourt les mondes, fier de notre faveur, cherchant un adversaire sans pouvoir en rencontrer un.

24. Ne l’excite pas, ô Dieu, ce magicien habile, cet arrogant, ce méchant qui ne connaît pas de frein ; ne fais pas comme l’enfant qui veut faire jouer un serpent en colère.

25. Quand ce géant terrible, touchant à son heure [dernière], ne pourra plus multiplier ses ruses, alors développant ta divine Mâyâ, tu mettras à mort le pécheur, ô Atchyuta.

26. La voilà qui s’approche. Seigneur, cette heure terrible où périssent les mortels ; ô toi qui es l’âme de toutes choses, daigne assurer la victoire aux Suras.

27. Maintenant est arrivé le moment favorable, celui de la huitième heure, nommée Abhidjit ; hâte-toi de tuer cet ennemi si redoutable, pour notre bonheur à nous qui sommes tes amis.

28. C’est pour son bonheur qu’il vient lui-même s’offrir à la mort