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CHAPITRE XVI

DESCRIPTION DU VÂIKUṆṬHA.


1. Mâitrêya dit : Pendant cent années, Diti redoutant les malheurs qui menaçaient les Suras, porta dans son sein le germe du Pradjâpati, lequel surpassait en éclat tous les autres êtres.

2. Au sein du monde dont la lumière était effacée par l’éclat de ce germe, les Lôkapâlas dont la splendeur avait disparu, vinrent annoncer au créateur de l’univers que les points de l’horizon se confondaient dans les ténèbres.

3. Les Dêvas dirent : Tu connais, ô Souverain de l’univers, cette obscurité qui nous jette dans un si grand trouble, car rien n’est inconnu à Bhagavat dont le temps n’interrompt pas la voie.

4. Dieu des Dêvas, créateur de l’univers, joyau des souverains des mondes, tu connais les intentions des êtres qui sont tes amis, de même que celles de tes adversaires.

5. Adoration à celui qui a l’énergie de la connaissance, à celui qui a revêtu ce corps à l’aide de Maya, à celui qui s’est uni à une des trois qualités, adoration à toi dont l’origine est insaisissable !

6. Ceux qui, avec une affection exclusive, méditent sur toi, ô toi qui produis les âmes, toi au sein de qui les mondes sont tissus, toi qui es à la fois ce qui existe comme ce qui n’existe pas [pour nos organes], et qui es supérieur à cette double existence ;

7. Ces êtres, dis-je, mûris dans le Yoga, maîtres de leur respiration, de leurs sens et de leur cœur, sûrs enfin de ta bienveillance, n’ont pas à craindre une défaite de quelque part que ce soit.

8. Adoration à toi qui es le modérateur suprême, et à la voix de qui toutes les créatures, attachées comme les vaches à une corde, te présentent l’offrande sacrée !