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maison, je ne puis complètement la payer de retour même au prix d’une ou de plusieurs vies, je ne le puis, pas plus que les autres hommes qui aspirent à la vertu.

21. Je satisferai cependant le désir que tu éprouves d’avoir un fils ; attends seulement la durée d’un Muhûrta pour que je n’encoure aucun blâme.

22. C’est maintenant l’heure redoutable des êtres terribles, cette heure effrayante pendant laquelle rôdent les Bhûtas, serviteurs du chef des Démons.

23. Pendant ce Sam̃dhyâ, femme vertueuse, le bienheureux Çiva, qui a produit les Démons, se promène sur son taureau, environné de la foule des Bhûtas dont, il est le roi.

24. La poussière des cimetières, soulevée par le vent qui tourbillonne, disperse la masse de ses cheveux nattés qu’elle éclaire et rougit ; son corps pur, qui a la couleur de l’or, est enveloppé dans un voile de cendres ; il a trois yeux pour voir, ce Dieu qui est le frère de ton mari.

25. Celui qui, dans ce monde, n’a ni parent ni adversaire ; celui qui ne comble d’égards pas plus qu’il ne blâme personne ; celui duquel nous souhaitons d’obtenir, comme prix de nos austérités, cette Mâyâ qu’il repousse du pied après en avoir joui ;

26. Celui dont les sages, désireux de déchirer le voile de l’ignorance, racontent la conduite irréprochable, en ce qu’il a pu, renonçant même à l’excès de l’indifférence, lui qui est la voie des hommes vertueux, mener la vie d’un Piçâtcha ;

27. Celui dont la conduite, cette conduite qu’il a embrassée à dessein, lui qui trouve sa joie en lui-même, est tournée en ridicule, comme celle d’un ignorant, par les malheureux qui se plaisent à parer de vêtements, de guirlandes, de parfums et d’ornements ce corps, la pâture des chiens, qu’ils regardent comme leur âme ;

28. Celui qui a établi des règles dont Brahmâ et les autres Dieux sont les gardiens, celui dont cet univers est l’ouvrage, celui aux ordres duquel obéit Mâyâ, docile aux pratiques des Piçâtchas, ce Dieu multiple enfin, ah ! Combien sa conduite trouble l’intelligence !