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nage. C’est également sous le même point de vue que nous les présente, selon M. Wilson, le Brâhma Purâṇa, dans l’introduction duquel Lômaharchaṇa, le disciple de Vyâsa, est nommé aussi Sûta[1]. Enfin l’Âgnêya Purâṇa nomme Lômaharchaṇa Sûta le sage auquel Vyâsa communiqua les Purâṇas[2].

Les mêmes noms figurent encore dans le dialogue dont le Vâyavîya Purâṇa fait l’objet ; mais ils y sont accompagnés de détails qui leur donnent beaucoup de valeur dans la question qui nous occupe. Autant que j’en puis juger par la lecture du prologue de ce Purâṇa, dont le seul manuscrit que je puisse consulter est d’une incorrection extrême, le narrateur du Vâyavîya est Lômaharchaṇa, disciple de Vyâsa[3]. L’introduction de ce livre, suivant l’habitude des auteurs indiens qui aiment à rendre raison des noms propres, nous apprend que ce sage avait été ainsi nommé parce que ses récits faisaient frissonner de plaisir ceux qui les entendaient[4]. Dans le même passage, Lômaharchaṇa est nommé Sûta et distingué par le titre de chantre des Purâṇas[5]. Le nom de Sûta alterne même avec celui de Lômaharchaṇa, non-seulement dans le courant du texte, mais encore dans la rubrique des chapitres[6]. La qualité de disciple de Vyâsa que prend Lômaharchaṇa est pour les sages qui l’interrogent un motif de l’exciter à parler, et c’est dans ce but qu’ils lui rappellent qu’il tient de Vyâsa la connaissance des Itihâsas et des Purâṇas. Lômaharchaṇa

  1. Essays on the Purâṇ. dans Journ. of the Roy. Asiat Soc. t. V, p. 65.
  2. Âgnêya Purâṇa, ms. beng. n°xiii, fol. 193 v. l. 4 sqq.
  3. Vêyavêya Purâṇa, man. bengâli n°ix, fol. 1, l. 7.
  4. Ibid. fol. 1, l. 6.
  5. Ibid. fol. 1, l. 6.
  6. Ibid. fol. 2 r. l. 3 et 5 ; fol. 7 r. l. 6 et 7 ; fol. 9 r. l. 4 et 5 ; fol. 11 v. l. 4 ; fol 13 r. l. 6 ; fol. 15 v. l. 3 ; fol. 18 r. l. 2 ; fol. 24 r. l. 4 ; fol. 28 r. l. 5 ; fol. 32 r. l. 7 ; fol. 39 r. l. 6, etc. D’autres interlocuteurs et notamment Vâyu paraissent dans le dialogue, mais nous n’avons pas à nous en occuper ici.