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comme dans le Mahâbhârata, Ugraçravas, qui ne se trouve, il est vrai, nommé ainsi que très-rarement[1], tandis que dans le cours du dialogue il reçoit le nom de Sûta ; qu’il y garde presque toujours. Ce Sûta se présente comme le fils de Rômaharchaṇa[2], ou suivant une autre orthographe, Lômaharchaṇa. Ce dernier, à son tour, est rangé au nombre des disciples de Vyâsa, et il est dit qu’il a reçu de son maître la connaissance des Itihâsas et des Purâṇas[3]. Ces renseignements s’accordent avec ceux que nous avons empruntés au Mahâbhârata, sauf le nom de Sâuti ou de fils de Sûta que donne ce livre au fils de Rômaharchaṇa. Mais dans les passages du Mahâbhârata où on lit Sûta au lieu de Sâuti, c’est exactement la donnée du Bhâgavata que nous retrouvons.

Ce que je viens de dire du Bhâgavata s’applique exactement au Pâdma Purâṇa, non pas que j’aie pu vérifier le fait par moi-même, puisque l’on ne possède à la Bibliothèque du Roi qu’une portion du Pâdma, mais parce que l’analyse qu’a faite M. Wilson de cet ouvrage nous apprend qu’il a été raconté aux solitaires de Nâimicha par le même sage que le Mahâbhârata et le Bhâgavata. Suivant cette analyse, c’est Lômaharchaṇa, le disciple de Vyâsa, qui envoie à Nâimichâraṇya son fils Ugraçravas, surnommé Sûta, pour y raconter les Purâṇas aux sages qui y sont rassemblés[4].

De ces trois noms, Rômaharchaṇa, Ugraçravas et Sûta, il n’en paraît plus que deux dans ceux des Purâṇas que j’ai pu consulter soit directement, dans les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, soit par extrait, dans les analyses de M. Wilson ; et ils s’y présentent, ainsi que nous l’allons voir, sous des aspects assez divers. Le Kalki Purâṇa, qui dans le catalogue d’Hamilton est con-

  1. Bhâgavata, l. III, ch. xx, dist. 7.
  2. Bhâgavata, l. 1, ch. iv, st. 22.
  3. Ibid. l. 1, ch. iv, st. 22.
  4. Essays on the Purâṇ. dans Jour. of the Roy. Asiat. Soc. of Great Britain, tom. V, pag. 280.