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joie les regards de ceux qui contemplaient son visage où brillaient ses yeux bruns embellis par le sourire de la bienveillance, ayant une aigrette, des pendants d’oreilles, quatre bras, un vêtement jaune, et pour ornement, Çrî sur sa poitrine ;

16. Assis sur un trône digne des plus profonds hommages, élevé au-dessus de tous les êtres, environné des énergies au nombre de quatre, seize et cinq, doué des attributs exclusivement propres à sa nature, et en même temps des caractères [moins intimes à lui] qui se retrouvent dans d’autres êtres, se complaisant dans sa propre essence, et maître souverain de toutes choses.

17. L’âme inondée de la joie que lui causait ce spectacle, sentant sur tout son corps le frissonnement du plaisir, les yeux baignés des larmes que lui arrachait l’excès de l’affection, le créateur de l’univers adora le lotus des pieds de Bhagavat, auquel on ne peut parvenir que par la voie de la contemplation profonde.

18. En voyant ainsi incliné devant lui avec respect Brahmâ, le premier chantre inspiré, qui était comblé de joie, et digne de recevoir ses ordres pour la production des créatures, Bhagavat satisfait lui adressa la parole d’une voix embellie par un léger sourire, comme un ami s’adresse à son ami, en lui touchant la main.

19. Bhagavat dit : Je suis complètement satisfait, ô Brahmâ, source des Vêdas, quoique je sois difficile à satisfaire, de la longue pénitence à laquelle tu t’es soumis pour créer, ô chef des Yôgins !

20. Demande-moi la faveur que tu désires, et puisse le bonheur être avec toi ! car je suis le dispensateur des bienfaits ; et les peines, ô Brahmâ, que l’homme se donne pour atteindre à la béatitude, ont pour terme le bonheur de me contempler.

21. Si j’ai éprouvé le désir que tu visses le monde que j’habite, c’est que, te conformant à la parole que tu avais entendue en secret, tu t’es livré à une rude pénitence.

22. C’est moi qui t’ai donné ce conseil au moment où tu étais troublé par la pensée de l’œuvre que tu avais à faire ; car les austérités sont mon cœur, et je suis l’âme des austérités.

23. C’est par les austérités que je crée cet univers, c’est par les