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moignage même des lexicographes et des critiques indiens, qui ont nettement distingué le Mahâbhârata du Râmâyaṇa, en appelant le premier de ces ouvrages un Itihâsa, c’est-à-dire un récit de traditions anciennes, et le second un Kâvya ou un poème. Ainsi le Brahmavâivarta Purâṇa, après avoir énuméré tous les livres de la classe à laquelle il appartient lui-même, et passant à la catégorie des recueils nommés Upapurâṇas ou Purâṇas secondaires, s’exprime ainsi :

एवं चोपपुराणानामष्टादश प्रकीर्तिताः ।
इतिहासो भारतं च वान्मीकं काव्यमेव च ॥

Et l’on compte de même dix-huit Upapurâṇas ; puis vient l’Itihâsa nommé Bhârata et le poème de Vâlmîki[1].

Je n’ai pas à m’occuper en ce moment du terme d’Upapurâṇa et il me suffit de dire qu’il désigne une classe de livres qui marche immédiatement après les Purâṇas dont elle reproduit le nombre, et qui paraît avoir été inventée pour être ajoutée à ces ouvrages, comme les Upavêdas le sont aux Vêdas. Ce qu’il importe de remarquer, c’est premièrement la valeur du nom d’Itihâsa, que Kullûka donne également au Mahâbhârata[2], et que Bharata, l’un des commentateurs les plus estimés de l’Amarakôcha, explique dans les termes suivants : व्यासादिप्रणीतभारतादिग्रन्थः « c’est un livre tel que le Bhârata ou autre, composé par Vyâsa ou par un autre sage[3]; » et secondement, celle du mot Kâvya que Râdhâkânta

  1. Brahmavâivarta, sect. De la naissance de Krǐchṇa, ch.cxxxii, cité par Râdhâkânta, au mot Purâṇa, pag. 2193, col. 2. Voyez Wilson, Analys. of the Purâṇ, dans Journ. of the Asiat. Society of Bengal, t. I , p. 233.
  2. Kullûka, sur la Manusam̃hitâ, l. III, st 233.
  3. Bharata, sur l’Amarakôcha, cité par Râdhâkânta, au mot Itihâsa, pag. 296, col. 1.