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CHAPITRE IV.

DESCRIPTION DE MAHÂPURUCHA.


SÛTA dit :

1. Le fils d’Uttarâ comprenant le discours de Vâiyâsaki (Çuka), qui lui avait fait reconnaître la nature de l’esprit, appliqua sa pensée pure à Krǐchṇa.

2. Il renonça aux sentiments d’orgueil que lui avaient inspirés son corps, sa femme, ses enfants, sa maison, ses troupeaux, ses richesses, ses parents, et un royaume qui n’avait jamais été diminué.

3. Il interrogea Çuka sur le sujet même qui fait, hommes excellents, l’objet de vos questions, magnanime et plein de foi dans le récit de la puissance de Krǐchṇa.

4. Reconnaissant que sa mort était prochaine, ayant renoncé à l’action dont le but est triple, fermement uni à l’essence même de Bhagavat, fils de Vasudêva,

5. Le roi dit : Elle est vraie ta parole, ô Brâhmane, qui sais tout et qui es sans péché ; car je sens mon ignorance disparaître pendant que tu me racontes l’histoire de Hari.

6. Je désire encore connaître ce que ceux qui n’admettent pas d’Être suprême ont tant de peine à comprendre : comment Bhagavat, avec la Mâyâ dont il dispose, crée cet univers, comment il le conserve, et comment ensuite il le ramène à lui ;

7. Comment pénétrant chacune des forces créatrices, l’Esprit suprême, doué lui-même de forces nombreuses, se crée d’abord en se jouant, puis se multiplie en faisant jouer [ses créatures].

8. Certes, les actions du divin Hari aux exploits merveilleux paraissent difficiles à comprendre, même aux chantres inspirés.

9. Comment s’enveloppe-t-il, soit en une seule fois, soit successi-