Page:Burnouf - Le Bhâgavata Purâna, tome 1.djvu/299

Cette page a été validée par deux contributeurs.


l’intensité de sa vue, il ouvre au souffle vital une voie à travers le crâne et abandonne son corps pour aller se réunir à l’Être suprême.

22. Si [d’un autre côté] le sage, ô chef des hommes, veut parvenir au séjour de Paramêchṭhin, lieu de bonheur occupé par les habitants du ciel, où l’on jouit des huit facultés surhumaines, et qui est compris dans l’espace formé par la réunion des qualités, il y passe avec son cœur et avec ses sens.

23. On place au dedans et en dehors de l’ensemble des trois mondes la voie des maîtres du Yoga dont le corps subtil est confondu avec le vent ; c’est en se livrant à la science, aux mortifications, à la pratique du Yoga et à la contemplation, qu’ils obtiennent de parcourir cette voie où l’on ne parvient pas par les œuvres.

24. Celui [qui a pratiqué le Yoga] sortant par l’artère lumineuse et traversant l’éther et le monde de Brahmâ, va se réunir à Vâiçvânara (le feu) ; puis, débarrassé de toute impureté, il s’élance plus haut dans le cercle de Çiçumâra, [la constellation] de Hari.

25. Ayant traversé ce domaine de Vichṇu, nombril de l’univers, seul avec son âme pure et réduite à la forme d’un atome, il entre dans le monde de ceux qui connaissent Brahma, monde révéré où jouissent du bonheur les Dieux qui vivent un Kalpa.

26. A l’expiration de cette période, voyant l’univers entièrement consumé par le feu sorti de la bouche de l’Être infini, il passe dans le séjour de Paramêchṭhin, dans ce lieu qui dure autant que la vie de Brahmâ, et où aiment à résider les chefs des Siddhas ;

27. Là où il n’y a ni chagrin, ni vieillesse, ni mort, ni douleur, ni crainte, à l’exception de ce sentiment pénible de compassion qui s’élève à la pensée de la naissance, cause de malheurs sans fin pour les hommes qui ignorent la contemplation [de Bhagavat].

28. S’unissant ensuite à l’enveloppe terrestre [de Virâdj], sans empressement comme sans crainte, il passe successivement avec son âme par les formes de l’eau et du feu ; avec cette lumineuse essence, il se joint au vent ; puis, lorsque le temps est venu, avec son âme unie au vent, il s’identifie à l’éther, ce grand attribut de l’Esprit.