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44. Je vois déjà retomber sur nous, sans que nous en soyons la cause, les crimes commis par les brigands qui vont piller des richesses qui n’auront plus de gardien ; je vois le monde livré à une foule de ravisseurs qui se maudissent, se tuent les uns les autres, et enlèvent les troupeaux, les femmes et les trésors,

45. Alors disparaîtra, du milieu des hommes, la bonne loi, fondée sur le triple Véda et embrassant les classes, les conditions et les devoirs ; alors, exclusivement occupées de la poursuite des plaisirs et des richesses, toutes les classes se confondront [par des unions impures], comme les chiens et les singes.

46. Le chef des hommes, ce protecteur de la loi, ce monarque suprême, connu dans le monde entier, ce fidèle serviteur de Bhagavat, ce royal Rǐchi, qui a célébré le sacrifice du cheval, ne méritait pas notre malédiction, lorsqu’il vint ici souffrant et affaibli par la faim, la soif et la fatigue.

47. Que Bhagavat, l’âme de l’univers, pardonne à cet enfant, dont l’intelligence n’est pas encore formée, le mal qu’il vient de faire à ce prince innocent, son fidèle serviteur !

48. Car les adorateurs de Bhagavat, quand ils sont méprisés, trompés, maudits, injuriés, battus, ne rendent pas, quoiqu’ils en aient le pouvoir, à celui qui les a outragés, malédiction pour malédiction.

49. Ainsi repentant de la faute commise par son fils, le grand solitaire, qui avait été insulté par le roi, ne pensait pas à l’injure qu’il avait reçue lui-même.

50. C’est que les hommes vertueux en ce monde, condamnés par les autres aux impressions opposées [de la peine et du plaisir], ne se désolent pas plus qu’ils ne se réjouissent, parce que leur âme n’est pas l’asile des qualités.


FIN DU DIX-HUITIÈME CHAPITRE, AYANT POUR TITRE :
L’IMPRÉCATION D’UN BRÂHMANE,
DE L’ÉPISODE DE PARÎKCHIT, DANS LE PREMIER LIVRE DU GRAND PURÂṆA,
LE BIENHEUREUX BHÂGAVATA,
RECUEIL INSPIRÉ PAR BRAHMA ET COMPOSÉ PAR VYÂSA.