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porte l’image du Roi des oiseaux, ces pieds qu’on nomme la délivrance suprême,

17. Eh bien ! raconte-nous-le, sans nous en rien cacher, ce récit supérieur, pur, dont le terme est le merveilleux Yoga ; qui renferme les grandes actions de l’Être infini ; où figure Parîkchit et qui fait les délices des serviteurs de Bhagavat.

SÛTA dit :

18. Ah ! que ce jour comble de félicité une existence commencée sous des auspices défavorables, puisqu’il me vaut les hommages des vieillards ! Oui, ces rapports qu’établit la conversation des sages illustres, dissipent bien vite le regret d’une naissance obscure.

19. Que sera-ce donc de celui qui célèbre le nom de cet Être, l’asile suprême assuré à la méditation des âmes élevées, de Bhagavat, l’Etre infini, dont les forces sont infinies, et que les sages ont appelé de ce nom d’Infini, parce que ses qualités appartiennent à ce qu’il y a de plus grand ?

20. Pour comprendre combien ses qualités l’élèvent au-dessus de toutes les créatures dont aucune ne le surpasse, bien loin de l’égaler, il suffit de dire que Vibhûti (Çrî), laissant les autres Dieux, malgré leurs instances, va d’elle-même, et sans qu’il la recherche, adorer la poussière de ses pieds.

21. L’eau qui lui est présentée comme offrande par Viriñtcha, en coulant de ses pieds, purifie le monde avec ses Gardiens. Eh ! quel est, dans le langage du monde, le sens du nom de Bhagavat, si ce n’est qu’il désigne Mukunda lui-même ?

22. Lui, en qui ses adorateurs, pleins de constance, anéantissant les liens qui les enchaînent au corps et aux autres objets extérieurs, atteignent immédiatement le dernier terme de cette méditation profonde où la bienveillance et la quiétude deviennent des lois de leur nature.

23. Pour moi, répondant à vos questions, sages resplendissants comme le soleil, je vous parierai ici, autant que me le permettra