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pour te débarrasser du pesant fardeau qui t’accablait, en te souvenant de ses exploits d’où dépend le salut, abandonnée par lui, tu te lamentes peut-être de son départ ?

25. Raconte-moi donc, Terre féconde, l’origine du chagrin qui te maigrit ; est-ce le temps dont l’énergie surpasse celle des êtres les plus forts, qui te ravit aujourd’hui cette beauté qu’honoraient les Suras ?

26. La Terre dit : Ô Dharma, tu connais bien toi-même ce que tu me demandes. Celui qui te donnait quatre pieds avec lesquels tu répandais le bonheur dans le monde,

27. Celui en qui la vérité, la pureté, la compassion, la patience, la libéralité, le contentement, la droiture, la quiétude, l’empire qu’on exerce sur ses sens, les mortifications, l’impartialité, l’indulgence, la modération, l’observation de la loi,

28. La science, le détachement de toutes choses, la puissance, l’héroïsme, la grandeur, le pouvoir, la mémoire, l’indépendance, le talent, la beauté, la constance, la douceur,

29. La confiance, la modestie, la vertu, la force, l’énergie, la vigueur, la perfection, l’impassibilité, la fermeté, la foi, la renommée, la dignité, l’absence d’orgueil :

30. En qui, dis-je, toutes ces vertus et tant d’autres belles qualités auxquelles doivent aspirer ceux qui désirent la grandeur, résidaient sans l’abandonner un instant ;

31. Ce vase de perfection, ce Dieu l’asile de Çrî, c’est son absence que je pleure maintenant ; je pleure sur le monde qui en est privé et sur lequel le pécheur Kali a jeté les yeux.

32. Je pleure ensuite sur moi-même, et sur toi, ô le meilleur des immortels, sur les Dêvas, les Pitrǐs, les Rǐchis, les Sâdhus (les Saints), sur toutes les classes et sur toutes les conditions.

33. Celui dont Çrî, quittant la forêt de lotus où elle réside, adore sans cesse, dans son amour, les pieds gracieux, Çrî, pour laquelle Brahmâ et les autres sages dévoués à Bhagavat, dans l’espoir d’obtenir un seul de ses regards, se livrent à d’interminables austérités ;