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18. Uddhava et Sâtyaki tenaient de merveilleux éventails ; et le chef des Madhus brillait couvert des fleurs qu’on jetait sur la route.

19. On entendait de tous côtés, répétées par les Brâhmanes, des bénédictions propres à porter des fruits, et conformes au double caractère de celui qui est tout ensemble exempt et doué de qualités.

20. Les femmes, qui habitaient la demeure du chef des fils de Kuru, pensant à celui dont la gloire est excellente, se livraient entre elles à des entretiens ravissants comme le sont les écritures sacrées.

21. C’est bien lui ! c’est bien l’antique Purucha, qui, avant l’existence des qualités, résidait seul dans l’âme exempte d’attributs, et qui, pendant la nuit [qui succède à la destruction des mondes], lorsque l’Être suprême, âme de l’univers, ferme les yeux, et que les puissances actives s’endorment, se repose dans son sein.

22. C’est bien lui, l’instituteur de la loi, qui, pour donner à l’âme sans nom et sans forme une forme et un nom, s’unit plus d’une fois à la Nature poussée à la création par son énergie fécondante, et jetant dans l’erreur les âmes émanées de lui.

23. C’est bien lui, dont les sages inspirés qui triomphent de leurs sens, et qui retiennent leur soufflé, voient ici-bas la forme véritable avec une intelligence pure et ardente de dévotion ; n’est-ce pas lui, en effet, qui doit purifier l’intelligence ?

24. C’est lui, chère amie, dont les chantres des mystères célèbrent, dans les Vêdas et dans les livres mystérieux, les saintes histoires ; lui qui. Souverain unique, crée, conserve et détruit le monde en se jouant, mais qui n’y est pas enchaîné.

25. Quand les rois, l’esprit égaré par l’ignorance, vivent dans l’injustice, alors, pour conserver le monde, revêtant, au moyen de la qualité de la Bonté, des formes diverses, c’est lui qui manifeste dans chaque Yuga, tantôt sa puissance, tantôt sa vérité, d’autres fois sa rectitude, sa miséricorde ou sa gloire.