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Brahma supérieur par la science [du Yôga], et le Brahma inférieur (le Véda) par la pratique des cérémonies.

8. Nârada dit : Tu n’as pas suffisamment célébré la gloire sans tache de Bhagavat ; selon moi, la science qui na pas pour but de lui plaire, est une science inutile.

9. Pendant que, chef des solitaires, tu exposais les devoirs et divers autres objets, tu n’as pas célébré avec autant de soin la grandeur du fils de Vasudêva.

10. La voix même la plus éloquente qui ne chante jamais la gloire de Hari qui purifie le monde, passe pour un marais qui n’est visité que par les corbeaux, et où ne vont jamais s’ébattre les cygnes du lac Mânasa, dont la demeure est au milieu des ravissants lotus.

11. Mais les péchés du monde sont effacés par la composition même la moins ornée, lorsqu’à chaque distique, on y répète les noms glorieux de l’Être infini, ces noms qu’écoutent, que chantent et que prononcent les hommes vertueux.

12. La science, fût-ce la science absolue, celle de l’inaction, n’a pas beaucoup de valeur, lorsqu’elle n’est pas soutenue par la dévotion pour Atchyuta. Que sera-ce donc de l’action, condamnée toujours à être malheureuse, même lorsqu’elle est faite sans motif, si l’intention n’en est pas dirigée vers le souverain Maître ?

13. C’est pourquoi, sage illustre, toi dont le regard est infaillible, dont la gloire est pure, toi qui aimes la vérité, qui accomplis fidèlement tes devoirs, songe, à l’aide de la méditation, aux actions diverses de cet Être puissant, afin d’obtenir la délivrance de tous les liens.

14. L’intelligence qui voit autre chose, qui désire raconter autre chose que ses actions, flottant au milieu des noms et des formes qu’elle enfante, ainsi qu’un vaisseau battu des vents, ne peut jamais ni nulle part trouver de repos.

15. C’est une grande faute que de commander, en vue du devoir, une action blâmable à l’homme qu’entraîne déjà sa nature passionnée, parce qu’entendant ces paroles : « Voilà le devoir, » l’homme ordinaire ne pense pas que cette action est défendue [par une autre loi].