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rois, descendants de Pâṇdu, l’entretien où fut révélée la doctrine des Sâtvats.

8. Cet illustre sage n’avait qu’à s’arrêter, le temps de traire une vache, dans les demeures des maîtres de maison, pour rendre leur ordre aussi pur qu’un étang sacré.

9. On dit, ô Sûta, que le fils d’Abhimanyu (Parîkchit) fut le plus parfait de ceux qui adorent Bhagavat : raconte-nous sa naissance si merveilleuse et ses actions.

10. Pourquoi ce monarque souverain, l’orgueil des fils de Pâṇdu, dédaignant le bonheur de la suprême puissance, se livra-t-il, sur les bords du Gange, au jeûne qui devait terminer sa vie ?

11. Comment ce héros dont les ennemis adorent le piédestal en lui faisant, pour leur salut, hommage de leurs richesses, comment, jeune encore, voulut-il abandonner avec la vie le bonheur, hélas ! si difficile à quitter ?

12. Ce n’est pas pour eux-mêmes, c’est pour le bonheur, l’accroissement et la puissance du monde, que vivent les serviteurs de celui dont la gloire est excellente. D’où vient donc que Parîkchit, renonçant au monde, abandonna son corps, qui était le refuge de ses ennemis mêmes ?

13. Raconte-nous en détail tout ce qui vient de faire ici le sujet de nos questions ; car je sais qu’à l’exception du Vêda, tu es versé dans tout ce qui appartient à l’art de la parole.

SUTA dit :

14. Dans le Dvâparayuga, vers la fin de cet âge qui est le troisième, le Yôgin (Vyâsa) naquit de Parâçara et de Vâsavî (Satyavatî), d’une portion de la substance de Hari.

15. Un jour, après s’être baigné dans l’onde pure de la Sarasvatî, il s’était assis à l’écart dans un lieu solitaire, au moment où le soleil venait de se lever.

16. Le Rǐchi auquel étaient présents le passé et l’avenir, voyant de son regard divin que le cours rapide et inaperçu du temps amenait