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craignais qu’il ne poursuivit ses recherches si je ne répondais rien. Dans cette intention, je me tournai et j’ouvris les panneaux. Je n’oublierai pas de sitôt l’effet produit par mon geste.

Heathcliff était debout à l’entrée, vêtu seulement d’une chemise et d’un pantalon, avec une chandelle s’égouttant sur ses doigts, et le visage aussi blanc que le mur derrière lui. Le premier craquement du panneau le fit tressaillir comme un choc électrique, la lumière s’échappa de sa main et tomba à quelques pas de lui, et son émoi était si extrême qu’il put à peine la ramasser.

— C’est seulement votre hôte, monsieur ! criai-je, désireux de lui épargner l’humiliation de montrer plus longtemps sa lâcheté. J’ai eu le malheur de crier dans mon sommeil, sous l’effet d’un cauchemar terrible. Je suis fâché de vous avoir dérangé.

— Oh ! que Dieu vous confonde, monsieur Lockwood, je voudrais vous voir au diable ! commença mon hôte, mettant la chandelle sur une chaise, dans l’impossibilité où il était de la tenir lui-même. Et qui est-ce qui vous a introduit dans cette chambre ? continua-t-il, enfonçant ses ongles dans les paumes de ses mains, et grinçant des dents pour arrêter les convulsions des mâchoires. Qui est-ce ? J’ai bonne envie de mettre celui-là à la porte à l’instant même.

— C’est votre servante Zillah, répondis-je, m’empressant de descendre du lit et de reprendre mes vêtements. Je ne me plaindrai pas beaucoup si vous la chassez, M. Heathcliff ; car elle le mérite abondamment. Je suppose qu’elle avait besoin d’avoir une preuve de plus que cet endroit a été hanté, et qu’elle se l’est offerte à mes dépens. Eh bien oui, il l’est ; il est tout rempli de spectres et de gobelins. Vous avez bien raison de le tenir fermé.

— Que pouvez-vous bien entendre en me parlant de