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de lui apporter leurs trente sols, pour entendre un discours qui durait environ trois quarts d’heure. Comme l’attrait de la nouveauté faisait le principal mérite de ses sermons, les auditeurs disparurent avec elle : cependant le succès se soutint assez long-tems, pour lui donner les moyens de se mettre au-dessus du besoin. À peine jouissait-elle des douceurs de l’aisance, que la mort vint terminer ses jours. Madame Aubin n’est pas la seule qui ait fait des prédications. Deux autres femmes se sont acquis, dans le même genre, beaucoup de célébrité : Madame de Brinon, première supérieure de la maison de Saint-Cyr, et Virginie de Negri, milanaise du 16e siècle.



AUBRY, (Olympe de Gouges, Dame) naquit à Montauban en 1755. Son éducation fut extrêmement négligée ; mais la nature la doua d’un esprit facile et d’une imagination ardente. Sa beauté et ses succès dans la car rière des lettres, la placèrent parmi les femmes les plus intéressantes de son tems. À l’époque de la révolution, en 1989, elle se jeta dans le tourbillon de la politiqne. Bientôt l’enthousiasme de la liberté caractérisa ses écrits. Les sociétés populaires de femmes lui durent leur institution. Malgré son amour pour l’indépendance, elle demanda à la convention nationale qu’il lui fût permis de s’adjoindre au vertueux Malesherbes pour défendre Louis XVI. Le masque de vertu dont Marat et Robespierre se couvraient pour cacher leurs crimes, ne put lui en im poser. Elle se déclara ouvertement contre leur faction, et elle rendit publique l’horreur que ce parti lui inspirait. Avec cette courageuse conduite, elle ne pouvait échapper à la catastrophe qui termina sa vie. Le 12 brumaire an 2, elle fut traduite devant le tribunal révolutionnaire de