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célèbre ! En même temps, quelle preuve de la bienveillance de Dieu pour la maison ! Quant à Pascal, il s’efforça d’acquérir les vertus qu’on y pratiquait, mais il ne se considéra pas comme lui appartenant véritablement. Il s’absentait souvent de Port-Royal pour vivre à Paris, soit chez lui, soit à l’auberge du Roi David, sous le pseudonyme de M. de Mons. Lié aux personnes de Port-Royal, il ne crut pas faire partie d’une communauté ; il entendit conserver son indépendance. Il se livra d’ailleurs avec zèle aux occupations de ces Messieurs. Avec eux, il étudie l’Écriture et les Pères. Il s’intéresse aux Petites Écoles, et propose pour elles une nouvelle méthode de lecture. Il assiste aux conférences relatives à la traduction du Nouveau Testament, qui se tiennent chez le duc de Luynes au château de Vaumurier.

Sa piété ardente, jointe à ses relations avec ces Messieurs, donne à son génie une impulsion nouvelle. Il commence par rentrer en lui-même et s’interroger sur la manière dont la grâce a opéré en lui. Dans un écrit Sur la conversion du pécheur, il trace en quelque sorte la théorie du retour vers Dieu de l’âme absorbée par le monde. Il y montre comment l’homme qui a une fois clairement conçu que Dieu est sa fin en vient nécessairement à vouloir que Dieu soit aussi sa voie et le principe de toutes ses actions.

Cependant ces Messieurs étaient désireux de savoir ce que pensait sur la philosophie ce grand esprit, qu’ils savaient s’y être particulièrement adonné. Le pieux et timide M. de Saci, à qui M. Singlin avait confié Pascal pour lui apprendre à