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pour fin la gloire de Dieu. Saint-Cyran maintenait qu’on ne peut aller à Dieu que par Dieu même. Dieu n’est réellement la fin que s’il est le principe. Des sept années que dura sa direction, Saint-Cyran en passa quatre enfermé à Vincennes pour son hostilité contre les jésuites. Son prestige n’en devint que plus fort ; et ses enseignements et son exemple marquèrent Port-Royal d’une empreinte ineffaçable.

À Saint-Cyran succéda, en 1643, M. Singlin, qui le continua selon ses forces. Scrupuleux directeur de conscience, humble médecin des âmes, il demandait surtout que l’on se rendît attentif à l’appel de Dieu, et que l’on agit exclusivement sous sa conduite. Bientôt M. Singlin se déchargeait sur M. de Saci d’une direction qui lui faisait peur. Celui-ci, homme intérieur, prudent, d’une piété calme et recueillie, se fit remarquer par sa crainte chaste et respectueuse de la grandeur infinie de Dieu, et par sa vive conscience du caractère d’éternité propre aux sentiments qui nous viennent de lui.

Sous la direction de Saint-Cyran, Port-Royal avait cessé d’être simplement un monastère de femmes. À l’époque où la communauté vivait à Paris, il établit dans l’ancien monastère, qui devint alors Port-Royal-des-Champs, un certain nombre d’hommes distingués, à qui Dieu avait inspiré le désir de se retirer dans la solitude pour faire pénitence et s’occuper de leur salut. C’étaient Le Maître, avocat, Le Maître de Saci son frère, le futur directeur de Port-Royal, Lancelot, puis Fontaine, Arnauld d’Andilly et beaucoup d’autres. Plusieurs des ecclésiastiques et des Messieurs de Port-Royal étaient des