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plus désormais qu’à jouir de lui, et à goûter la récompense en se dispensant du labeur. La grâce n’opère que chez celui qui travaille et agit de toutes ses forces. Ce sont ces efforts mêmes, et non une quiétude paresseuse, qui en sont le fruit et la manifestation. Aussi donne-t-il au mystère qui vient de s’accomplir en lui une conclusion pratique. Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur. Non obliviscar sermones tuos. Amen.

Pour conserver un monument des pensées que Dieu lui avait inspirées dans cette nuit décisive, il se hâta de les jeter sur le papier. L’écriture précipitée, illisible, dit assez que sa main ne peut suivre le mouvement de son cœur. Il lui suffit d’ailleurs de brèves indications. Il sait maintenant le sens profond et utile des mots qu’il répétait jadis des lèvres, sans en saisir que le sens profane. Ainsi le seul nom de Jésus-Christ, qu’il écrit plusieurs fois sans commentaire, représente, à ses yeux, la méthode même du salut. Jésus-Christ est le véritable Dieu de l’homme. Quelque temps après, Pascal recopia ces lignes sur un parchemin, en les écrivant avec grand soin et en beaux caractères. Ce lui fut un mémorial qu’il eut toujours avec soi, prenant soin de le coudre et découdre, à mesure qu’il changeait d’habit. Il savait, par expérience, qu’une conversion, pour sincère qu’elle soit, n’est pas sûrement définitive, que persévérer est beaucoup plus difficile que commencer. C’est dans la persévérance que se manifeste décidément la vie surnaturelle ; car de se surpasser dans un effort momentané, l’homme, par lui-même, n’est pas incapable. Il était donc bien résolu à garder avec