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longtemps mis son dessein à exécution, tant il s’y portait avec ardeur, si Dieu lui avait fait les mêmes grâces qu’autrefois et donné les mêmes mouvements vers lui. Mais Dieu l’abandonnait à sa faiblesse.

Jacqueline fut aussi surprise que joyeuse de cette confession, et elle en conçut des espérances qu’elle n’osait plus former. Elle fit part de cet événement à Mme Périer. Elle en informa aussi quelques personnes de Port-Royal, qui, comme elle, avaient les yeux sur l’enfant prodigue. Port-Royal avait de graves raisons de s’intéresser à cette affaire. Les idées de Jansénius, auxquelles il était attaché, étaient violemment combattues. En janvier 1653, les jésuites avaient publié l’Almanach de la déroute et de la confusion des Jansénistes. Et, le 31 mai de la même année, le pape Innocent X avait condamné les cinq propositions extraites de Jansénius. Quel témoignage ce serait de la vérité, que la conversion d’un philosophe dont la réputation était si répandue ! Encouragée et conseillée par les pieux chrétiens de Port-Royal, Jacqueline fit tout ce qui était en elle pour seconder son frère dans ses efforts. Celui-ci la visita de plus en plus fréquemment ; et bientôt elle fut frappée de voir qu’elle n’avait qu’à le suivre, sans user d’aucune sorte de persuasion. L’œuvre de la grâce se faisait en lui.

Pascal s’était rendu compte, et de son état, et du chemin qu’il devait suivre pour parvenir à son but.

La raison le portait à croire, et néanmoins il ne le pouvait. L’obstacle était dans son cœur, qui refusait d’obéir à sa raison. Donc c’était ce cœur qu’il fallait changer. Où réside la foi véritable, sinon