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lumière qui a porté le trouble dans son âme. C’était l’appel du Dieu vivant. Il a fallu que Dieu le cherchât pour qu’il en vînt à désirer Dieu. De lui-même, il n’y eut songé. Ce que Dieu a commencé, lui seul peut l’accomplir. Le fera-t-il ? Tout le pouvoir de l’homme ne va qu’à dire : Seigneur, cherchez votre serviteur ! Nos plus grands efforts pour aller à Dieu sont vains, si Dieu ne s’en mêle. Et Pascal, observant avec anxiété ce qui se passait en lui, se sentait dans un tel abandonnement du côté de Dieu, qu’il n’osait espérer sa conversion. Plus il la désirait, plus elle fuyait devant lui. Il n’éprouvait aucun attrait. D’autre part, il était maintenant dégoûté du monde et de ses joies. Il était donc suspendu dans le vide, entre le monde que son pied repoussait, et Dieu qui ne le prenait pas. Il ne savait quelle voie tenter, et il cherchait en gémissant.

Longtemps il souffrit en secret. Cependant il rendait de temps en temps visite à sa sœur Jacqueline, pour laquelle il avait toujours une tendre affection. Celle-ci s’affligeait de voir de plus en plus enfoncé dans le monde celui qui l’en avait tirée elle-même ; et elle lui parlait avec autant de douceur que de force de la nécessité de changer de vie. Or, Pascal l’étant allé voir vers la fin de septembre 1654, il prit le parti de s’ouvrir à elle de son état. Il lui avoua qu’au milieu de ses occupations, qui étaient nombreuses, et parmi toutes les choses qui pouvaient contribuer à lui faire aimer le monde, il sentait une telle aversion pour tous ces objets auxquels son cœur était attaché, il éprouvait de tels tourments de conscience, qu’il souhaitait fortement de quitter tout cela. Et certes il eût depuis