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CHAPITRE IV


CONVERSION DÉFINITIVE


À l’heure même où Pascal se reposait dans l’amour du monde et de la science, dans la contemplation de cette nature humaine dont la vie de société et la philosophie lui avaient révélé la grandeur ; à l’heure où son génie partout admiré, où son esprit, fêté des honnêtes gens, lui assuraient la gloire et le bonheur que poursuivait son âme ardente, vers la fin de l’année 1653, comme il venait d’avoir trente ans, il fut frappé d’une lumière extraordinaire qui lui fit considérer les choses et lui-même d’une façon entièrement nouvelle. Il lui sembla que tous les biens dont il s’était enchanté flottaient maintenant, comme des atomes imperceptibles, dans la capacité infinie de son cœur. Il se demanda si les occupations auxquelles il se livrait, les joies où il se complaisait étaient réellement dignes de lui, dignes de l’âme humaine. Il eut le sentiment d’une disproportion immense entre sa condition et sa destinée.

Pareillement, les livres qu’il avait jugés les plus