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Sans doute le discours, selon le sens qu’avait alors ce mot, est une dissertation. Mais est-ce que les héros de Corneille ne raisonnent pas leurs sentiments ? Ne sont-ce pas, selon Descartes et Malebranche, les perceptions de l’entendement qui sont le fonds des inclinations de la volonté ?

Peut-on aller plus loin, et se demander si le discours ne trahirait pas un amour déterminé, ressenti par Pascal, si même il ne laisserait pas soupçonner la personne qui en fut l’objet ? Il est certain que plusieurs passages font l’effet d’une confidence :


Le plaisir d’aimer sans l’oser dire a ses peines, mais aussi il a ses douceurs. Dans quel transport n’est-on point de former toutes ses actions dans la vue de plaire à une personne que l’on estime infiniment !

On va quelquefois bien au-dessus de sa condition, et l’on sent le feu s’agrandir, quoiqu’on n’ose pas le dire à celle qui l’a causé.


Il est vraisemblable qu’il a aimé, et même qu’il a aimé une personne de condition supérieure à la sienne. Mais il est gratuit de supposer, avec M. Faugère, que cette personne était la sœur du duc de Roannez. Aucun trait ne la désigne dans le Discours ; et si l’on devait y chercher quelque allusion, il y serait question d’une personne plus âgée que Mlle de Roannez, laquelle avait alors vingt ans à peine.

Le Discours sur les passions de l’amour est une œuvre philosophique et humaine, telle que Pascal n’en avait pas encore composé. Nous l’avons vu réfléchir sur la méthode et la portée de la science, objet de l’esprit humain. Maintenant c’est l’âme