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La famille étant revenue à Paris, probablement en novembre 1649, Pascal s’y lia avec plusieurs personnes imbues de l’esprit du monde. C’était d’abord le jeune duc de Roannez, âgé d’une vingtaine d’années, son voisin. La communauté de goûts et d’études scientifiques fut l’origine de leur liaison. Entre un grand-père dissolu et une mère négligente, le duc se trouvait, par sa jeunesse et sa haute condition, exposé à mille périls. D’un caractère confiant et fidèle, il s’attacha à Pascal, au point de ne pouvoir se passer de lui. Puis ce fut le chevalier de Méré, poitevin, honnête homme avec entêtement, puriste et précieux, affectant la simplicité, le naturel et le bon sens, voyant dans les choses de l’esprit et du sentiment un monde spécial, qu’il mettait très au-dessus du monde naturel. Ce fut Miton, un libertin, habile à découvrir la vanité de toutes les occupations humaines, et se reposant avec calme dans ses décourageantes observations. Pascal fréquenta aussi le libertin des Barreaux, un voluptueux épicurien, un impie, qui devenait dévot dès qu’il était indisposé ; et Mme d’Aiguillon, la nièce du cardinal de Richelieu, qui jadis avait fait demander Jacqueline Pascal pour jouer la comédie ; et la marquise de Sablé, qui tenait un brillant salon de précieuses.

Il n’avait pas encore noué toutes ces relations, mais il était déjà engagé assez avant dans le monde, lorsqu’il perdit son père, le 24 septembre 1651. Étienne Pascal mourut dans de grands sentiments de piété. Sa perte ne causa pas seulement à Pascal, si tendrement uni aux siens, une cruelle et profonde douleur elle rappela son esprit à la méditation des