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pas que celui-ci pût avoir eu le premier l’idée d’une expérience, qui, selon lui, les confirmait. Il a plus parlé que son interlocuteur, malade et un peu défiant ; il était imparfaitement au courant des idées de Pascal, et il ne s’est pas rappelé avec précision ce que celui-ci lui avait dit.

À Pascal appartient donc bien la célèbre expérience qui porte son nom. Elle est remarquable en elle-même. Elle l’est davantage par le lien qui la rattachait dans l’esprit de Pascal à une théorie générale de l’équilibre des fluides, soit liquides, soit gazeux. Il exposa cette théorie dans le Traité de l’équilibre des liqueurs et dans le Traité de la pesanteur de la masse de l’air, composés en 1651. L’esprit de généralisation qui l’avait déjà servi en mathématiques produit ici l’un de ses plus beaux effets. Pascal établit une analogie complète entre la pression liquide et la pression atmosphérique.

Un faux principe, soi disant aristotélique, égarait les savants. Les éléments, disait-on, ne pèsent pas en eux-mêmes. Vainement Stevin, de Bruges, avait-il, vers 1586, révélé la transmission de la pression dans l’eau. Sa découverte avait été négligée. Pascal reprit cette idée ; et, par cette heureuse combinaison du raisonnement et des expériences dont il avait le secret, il arriva à formuler, dans des termes en quelque sorte définitifs, le principe de l’hydrostatique :


Si un vaisseau plein d’eau, clos de toutes parts, a deux ouvertures, l’une centuple de l’autre ; en mettant à chacune un piston qui soit juste, un homme poussant le petit piston égalera la force de cent hommes qui pousseront celui qui est cent fois plus large, et en surmontera qnatre-vingt-dix-neuf.