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peine à parler, entreprit avec un peu de chaleur M. Descartes. Ils partirent ensemble, et, seuls dans un carrosse, ils se chantèrent goguette un peu plus fort que jeu.

Voilà tout ce que contient sur ce sujet la lettre que Jacqueline écrivit à Mme Périer, le lendemain de la seconde entrevue.

Mais plus tard, le 11 juin 1649, Descartes, en priant Carcavi de lui apprendre le succès de l’expérience de Pascal, s’exprime ainsi :


J’aurais le droit d’attendre cela de lui plutôt que de vous, parce que c’est moi qui l’ai avisé, il y a deux ans, de faire cette expérience, et qui l’ai assuré que, bien que je ne l’eusse pas faite, je ne doutais pas du succès. »


Et le 17, écrivant au même Carcavi, il répète :


« C’est moi qui ai prié M. Pascal, il y a deux ans, de vouloir la faire, et je l’ai assuré du succès comme étant entièrement conforme à mes principes, sans quoi il n’eût eu garde d’y penser, à cause qu’il était d’opinion contraire. »


Or, partant de ces affirmations de Descartes, Baillet, dans sa Vie de M. Descartes, puis Montucla, dans son Histoire des mathématiques, et, avec eux, de savants critiques, aujourd’hui même, attribuent à l’auteur des Principes l’invention que Pascal revendique comme sienne. Ils allèguent que, dès 1631, Descartes indique, dans une lettre, la poussée de l’air comme cause de la suspension du vif argent, qu’il a proposé de nouveau cette explication en 1638, et que, tandis que nous savons Pascal ardent et passionné, le caractère grave de Descartes nous est garant de sa véracité dans une chose qu’il affirme avec précision.