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particulière, haute de quatre-vingt-dix marches toujours il obtint le même résultat.

Le fait une fois bien constaté, Pascal, par le raisonnement, en tire les conséquences. Il faut renoncer, non pas partiellement, mais entièrement, à ce principe, admis par le consentement universel des peuples et par la foule des philosophes, que la nature abhorre le vide. Peut-être est-ce le jugement de la raison humaine. Mais l’expérience casse ce jugement. La pression de l’air est la seule cause des phénomènes. Voilà, démontrée par les faits, l’explication véritable, qui n’a rien de commun avec les imaginations des philosophes. C’est ainsi qu’aux yeux de Pascal cette découverte a une portée logique et morale, en même temps que scientifique.

Il est heureux et fier de l’avoir achevée et rendue définitive. Il ne songe pas d’ailleurs à se substituer à Galilée et à Torricelli. Il fait exactement la part de chacun ; mais il a conscience d’avoir, en s’appuyant sur les travaux de ces grands hommes, poussé plus avant qu’eux notre connaissance de la nature. Il jouit de ce progrès, dont il a été l’instrument il aura plus de joie encore le jour où il apprendra que quelqu’un a dépassé le point où il est arrivé.

Ce succès porte ombrage aux jésuites. Dans des thèses présentées en leur collège de Montferrand, on accuse Pascal, sans le nommer, de s’être dit l’inventeur d’une certaine expérience dont Torricelli est l’auteur. Pascal est affligé de cette accusation. Il écrit à M. de Ribeyre, premier président à la cour des aides de Clermont-Ferrand, à qui les thèses