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Il conçoit de la manière suivante l’expérience à faire pour trancher la question : répéter, plusieurs fois en un même jour, l’expérience du vide, avec le même vif argent, dans un même tuyau, tantôt en bas, tantôt en haut d’une haute montagne. S’il arrive que la hauteur du vif argent soit moindre au haut qu’au bas de la montagne, il s’ensuivra nécessairement que la pesanteur et pression de l’air est la seule cause de cette suspension du vif argent, et non pas l’horreur du vide, puisqu’il est bien certain qu’il y a beaucoup plus d’air qui pèse sur le pied de la montagne que non pas sur son sommet, tandis qu’on ne saurait soutenir que la nature abhorre le vide au pied de la montagne plus que sur son sommet.

Pascal, dont les premières années se sont passées au pied du Puy-de-Dôme, pense sans doute à cette montagne dans le même temps qu’il imagine son expérience. Il eut l’idée d’en confier l’exécution à son beau-frère, M. Périer, conseiller en la cour des aides d’Auvergne, qui demeurait à Clermont. Il lui écrivit à ce sujet le 16 novembre 1647, lui donnant toutes les explications théoriques et pratiques qu’il jugeait nécessaires.

M. Périer, longtemps empêché, ne fit l’expérience que le 19 septembre 1648. Elle réussit pleinement. M. Périer constata, à mesure qu’il faisait l’ascension de la montagne, que la hauteur de la colonne baissait, et cela toujours exactement de la même quantité. Il en adressa à Pascal un compte-rendu détaillé. Pascal répéta l’expérience au bas et au haut de la tour Saint-Jacques de la Boucherie, puis dans une maison