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de ces Pères, mal informés sans doute de l’intention du P. Noël, ont donné son silence pour un aveu de défaite. Ce serait à croire, s’il s’agissait de tout autre que de ce bon Père, que la dispense de répondre n’était qu’une prière déguisée de ne pas répondre. Pascal écrit, cette fois, à M. Le Pailleur, pour lui exprimer son sentiment sur la réplique du P. Noël. Très nettement il s’attaque au cartésianisme. On n’a pas le droit d’ériger les définitions en réalités, sous prétexte qu’elles présentent clarté et distinction. Il ne suffit pas d’appeler corps le vide apparent qui est au haut du tube, pour qu’il devienne tel. Je voudrais bien savoir de ce Père d’où lui vient cet ascendant qu’il a sur la nature, grâce auquel les éléments changent de propriété à mesure qu’il change de pensées, en sorte que l’univers s’accommode à l’Inconstance de ses intentions.

Cependant le P. Noël, de plus en plus spirituel, publie un écrit intitulé Le plein du vide. Il le dédie au prince de Conti, élève des jésuites qui deviendra janséniste. Il expose qu’il entreprend de justifier, en présence de Son Altesse, la nature, que des insolents osent accuser de vide. Il fera voir la fausseté des faits dont on la charge, et les impostures des témoins qu’on lui oppose.

Là-dessus Étienne Pascal intervient, et administre à ce Père, selon le précepte de l’Évangile, une correction fraternelle. C’est peu de nous leurrer de choses inconnues, de la sphère de feu d’Aristote, de la matière subtile de Descartes, des esprits solaires et de la légèreté mouvante : à bout de raisons vous employez l’injure. Or sachez que c’est une maxime