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puisait volontiers chez Descartes les arguments qui lui paraissaient propres à appuyer ses opinions. Pascal n’est pas sans s’en apercevoir ; et ses critiques, en maint endroit, sans qu’il le dise, touchent les méthodes cartésiennes.

L’attaque du Révérend Père n’était pas exempte d’ironie. Pascal répond avec vivacité. En ce qui concerne les sciences, dit-il, nous ne croyons qu’aux sens et à la raison. Nous réservons pour les mystères de la foi, que le Saint-Esprit a révélés, cette soumission qui ne demande aucune preuve sensible ou rationnelle. Mais vous, vous imaginez, selon votre fantaisie, une matière dont vous supposez les qualités, un air subtil qui aurait des inclinations. Et si l’on vous demande de nous le faire voir, vous répondez qu’il n’est pas visible. Vos hypothèses vous satisfont : cela nous doit tenir lieu de démonstration. Vous donnez, d’ailleurs, des termes que vous employez, des définitions dont le terme à définir fait lui-même tous les frais. C’est ainsi que la période qui précède vos dernières civilités définit la lumière : un mouvement luminaire de rayons composés de corps lucides, c’est-à-dire lumineux. Voilà une définition à laquelle, en tenant compte des conditions d’une définition véritable, j’aurais peine à m’accoutumer. Tels sont, mon Père, mes sentiments, que je soumettrai toujours aux vôtres.

Le P. Noël réplique. Il fait tenir sa lettre à Pascal par le P. Talon, lequel lui donne à entendre que, le sachant malade, le P. Noël le dispense de répondre.

Pascal, fort incommodé en effet, demeure quelque temps sans écrire. Mais il apprend que quelques-uns