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prouve l’expérience d’Italie, en ce qui concerne la proposition de l’horreur du vide ? Cette question se décomposait ainsi : 1° La nature, dans ce phénomène, tend-elle à exclure le vide ? 2° Y parvient-elle, ou laisse-t-elle se former un vide véritable ? Pour mettre la nature en demeure de se prononcer sur ces questions, Pascal inventa de nouvelles expériences faites avec toutes sortes de liqueurs, eau, huile, vin, etc., et avec des tuyaux de toutes longueurs et dimensions et il exécuta ces expériences devant beaucoup de personnes, afin de provoquer les objections.

Ces travaux firent grand bruit en Europe. Pascal en écrivit une relation abrégée qui parut le 4 octobre 1647, sous le titre de Nouvelles expériences touchant le vide. Il conclut ainsi : 1° la nature abhorre le vide, encore qu’il soit faux qu’elle ne le peut aucunement souffrir ; 2° cette horreur n’est pas plus forte pour un grand vide que pour un petit ; 3° la force de cette horreur est limitée. Là se bornent, en octobre 1647, les conséquences qu’il tire de l’expérience d’Italie. Elles sont importantes, au point de vue philosophique ; car elles affirment, au nom des faits, l’existence du vide, qu’Aristote avait déclaré impossible au nom de la raison, et qui était suspect aux croyants, parce que les athées s’en étaient souvent servis pour expliquer le mouvement sans recourir à Dieu. Pascal dut y voir une preuve frappante de la vanité des opinions philosophiques.

Les conclusions de Pascal ne manquèrent pas de rencontrer des contradicteurs. Parmi ceux-ci, le plus ardent fut le P. Noël, de la Compagnie de Jésus. Ce Père était attaché à la doctrine péripatéticienne, mais