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relâchent de leur effort pour monter. Ils ne trouvent qu’en Dieu la stabilité et le repos.

Telles sont les pensées de Pascal depuis que Dieu l’a éclairé sur le vrai caractère de la vie chrétienne. Sans doute il est superflu de se demander si, dans le même temps, il a continué à s’appliquer aux sciences ? Renoncer au monde, n’était-ce pas renoncer tout d’abord à celle de ses vanités qui, plus que les autres, avait séduit son âme ? Mme Périer l’entend ainsi. Car elle place les expériences de Pascal touchant le vide avant sa conversion, et elle dit que cet événement termina toutes ses recherches scientifiques, du moins toutes celles auxquelles il appliqua son esprit. Mais telle ne fut pas la réalité et c’est dans la période même où nous venons de le considérer, que Pascal conçut et réalisa les admirables expériences de physique qui sont une part importante de sa gloire.

En octobre 1646, Étienne Pascal et son fils reçurent à Rouen la visite d’un M. Petit, cartésien, habile expérimentateur, qui les entretint de la récente expérience faite en Italie sur l’horreur du vide. Pascal et M. Petit répétèrent cette expérience. Que prouvait-elle au juste ? Habitué comme il l’était à distinguer entre le fait et l’explication, et à se garder des hypothèses, Pascal jugea qu’il était impossible de se prononcer sans imaginer de nouvelles expériences, propres à éliminer les interprétations fausses et à faire ressortir la vraie. Il ignorait d’ailleurs l’explication donnée par Torricelli. Il ignorait même que Torricelli fût l’auteur de l’expérience.

La question, à ses yeux, était la suivante : que