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il exprima l’avis que le raisonnement bien conduit portait à admettre ces enseignements de la religion, encore que le devoir du chrétien fût de les croire sans l’aide du raisonnement. Or, là-dessus M. Rebours s’inquiéta, et, songeant aux savantes études de Pascal sur la géométrie, il lui dit qu’il était à craindre qu’un tel discours ne procédât d’un principe de vanité, et de confiance dans les forces du raisonnement. Sur cette réponse, Pascal s’interroge il ne trouve rien en lui de ce que redoute M. Rebours. Dès lors, il convient de bonne grâce qu’il eût péché s’il avait été dans le sentiment qu’on lui attribue, et il s’excuse d’avoir donné lieu à une équivoque. Mais, bien que ses excuses soient prises pour une marque d’endurcissement, il ne retire rien de ce qu’il a dit.

Il est d’ailleurs convaincu que rien de ce qui est humain ne peut être une fin en soi pour l’activité d’une âme chrétienne. Ce fut l’aveuglement des juifs et des païens, de prendre la figure pour la réalité, et de se reposer dans l’amour des créatures comme dans le bien de l’âme humaine. Ceux à qui Dieu a fait connaître la vérité savent que les créatures ne sont que des images du Créateur, et n’usent de ces images que pour jouir de Celui qu’elles représentent. Terminer son ambition à la possession des créatures, c’est se contenter d’une perfection bornée condition convenable aux enfants du monde. Mais aux enfants de Dieu il a été dit : « Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait. » Nulle perfection bornée ne saurait être pour eux un état d’équilibre. Ils commencent à déchoir, dès qu’ils se