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par la confiance filiale en la miséricorde du Père. La pensée elle-même, sans rien perdre de sa clarté, s’y fait vie et passion ; et l’amour, en ses effusions les plus spontanées, y suit le fil d’une logique inflexible. En automne 1647, Pascal, se trouvant un peu mieux, résolut de venir à Paris, pour y consulter des médecins. Il fut accompagné dans ce voyage par sa sœur Jacqueline. À Paris, ils entendirent parler des sermons de M. Singlin, qui faisaient alors grand bruit, et où se pressaient les auditeurs les plus illustres.

M. Singlin était confesseur des solitaires et des religieuses de Port-Royal. Selon l’esprit de la maison, il ne songeait nullement à paraître orateur et à briller. En revanche, il était exempt de la trivialité encore fréquente alors chez les prédicateurs. Il avait une parole simple et grave qui ne visait qu’à toucher. Et il y parvenait merveilleusement. Chacun, en l’entendant, s’imaginait que le prédicateur parlait spécialement pour lui, tant on se reconnaissait dans les portraits qu’il faisait de la misère de l’homme, de ses troubles et de ses besoins.

Étant allés l’entendre, Pascal et sa sœur Jacqueline remarquèrent qu’il n’était pas dans les idées de ceux qui estiment qu’un chrétien peut faire au monde sa part, mais qu’il ne voyait dans les attachements terrestres qu’un sujet de remords et de crainte pour celui qui voulait vivre selon Dieu. Ce langage leur parut remplir l’idée qu’ils avaient conçue de la vie chrétienne, et ils se firent un devoir de suivre avec assiduité les sermons du prédicateur.

Bientôt Mlle Pascal, ayant appris que M. Singlin