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et Dieu. C’est d’ailleurs le seul, dans la vie présente. Donc, grâce à la souffrance, Dieu peut visiter l’âme humaine. Il suffit que, dans son amour, il unisse les souffrances du pécheur à celle du Rédempteur. Et assumée par Jésus-Christ, ma souffrance acquerra cette vertu purificatrice et rénovatrice que seule peut lui conférer l’action divine.

Et ainsi la doctrine chrétienne, avec l’explication du mal, en apporte le remède. Elle ne rend pas seulement la maladie acceptable elle en fait l’instrument par excellence de notre conversion et de notre sanctification.

Si, dans cette prière, la conception est très nette, le sentiment n’est pas moins profond et moins fort. Pascal s’accuse d’avoir aimé le monde alors qu’il était en état de santé. Hélas ! aujourd’hui encore, malgré l’éveil de sa conscience, le monde reste l’objet de ses délices. Que Dieu ne considère pas ses résistances, qu’il force l’entrée de son âme, et qu’il s’empare, comme un voleur, des vains trésors qu’y a entassés l’amour du monde. Dieu est la véritable fin de l’homme. Qu’il est heureux, celui qui peut aimer un objet si charmant, le seul qui ne déshonore pas l’âme humaine ! Qu’heureux sont ceux qui, avec une liberté entière et une pente invincible de leur volonté, aiment parfaitement et librement ce qu’ils sont obligés d’aimer nécessairement !

Il est superflu de demander si cette prière est janséniste. Certes, c’est une œuvre de conception précise et de démonstration savante. Mais c’est en même temps l’élan d’un cœur très ardent et très simple, mû directement par la vision de la vérité,