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usage des maladies. Cette prière repose sur une théorie d’une netteté toute scientifique.

Étant donné la maladie comme un mal, et un mal parfois incurable, le problème est de la rendre supportable, et même, s’il se peut, de la tourner en bien, par l’usage que nous en ferons. De ce problème la doctrine chrétienne fournit la solution.

Et d’abord elle explique l’existence de la maladie. L’homme a péché, enseigne-t-elle ; et actuellement, dans son état naturel, il est sous l’empire de sa faute. S’étant détaché de Dieu pour se tourner vers les choses périssables, il est désormais attaché à ces objets. Or Dieu est à la fois justice et miséricorde. Juste, il impose à l’homme la souffrance comme expiation ; miséricordieux, il la lui offre comme un moyen de se détacher des choses terrestres et de se diriger vers sa fin véritable.

Mais comment la souffrance pourra-t-elle avoir ce double effet ? Suffira-t-il que je la subisse avec résignation, à la manière des païens ? Si dans la manière dont j’en use il n’y a rien autre que ce que je peux me donner par moi-même, ma souffrance ne vaut pas plus que moi, et ne peut me sauver. Demanderai-je donc à Dieu de m’affranchir de la maladie et de la douleur ? Ce serait réclamer, dès le temps de l’épreuve, la récompense des élus et des saints. Il faut que je souffre, et il faut que ma souffrance soit le canal par où la grâce entre en moi pour me changer.

Or, depuis Jésus-Christ, qui a souffert tous les maux que nous avons mérités, la souffrance est un trait de ressemblance, un trait d’union entre l’homme