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juste, en croyant que les vues de succès en ce monde se peuvent allier avec la pratique de l’Évangile.

Ainsi avertis, Étienne Pascal et ses enfants se mirent à lire plusieurs ouvrages de piété, que leur recommandaient les dévots gentilshommes le Discours sur la réformation de l’homme intérieur de Jansénius, le traité De la fréquente communion d’Arnauld, les Lettres spirituelles, Le cœur nouveau et autres opuscules de Saint-Cyran.

Ces ouvrages contenaient, pour des personnes chrétiennes selon le monde, une sorte de révélation. Ils enseignaient que, d’après la pure doctrine du Christ et de l’Église, le péché originel n’a pas seulement dévêtu l’homme des dons surnaturels et affaibli sa nature, mais qu’il l’a corrompu jusque dans son fond. C’était, primitivement, l’essence même de l’homme d’aimer Dieu et de vivre de sa grâce. Dans cette créature privilégiée, la nature, déjà, était surnaturelle. En se préférant à Dieu et en rejetant la grâce divine, l’homme s’est véritablement perdu. Il est devenu, jusqu’à la racine de sa volonté, l’esclave de ce moi dont il s’est enchanté. Aussi, le retour à Dieu ne peut-il consister pour lui à superposer purement et simplement une vie surnaturelle à sa vie naturelle : la vie ne se peut joindre à la mort. Il faut, littéralement, qu’il se convertisse. Il faut qu’il renonce à tout partage entre le monde et Dieu. Dieu ne peut être en nous s’il n’est nous-même. En particulier l’homme doit renoncer à ce vain amour des sciences, qui nous séduit d’autant plus qu’il a un air d’honnêteté, mais qui n’est en effet que la coupable prétention de contenter