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déjà obtenus par Apollonius, mais encore ajoutait des propriétés nouvelles aux propriétés déjà connues.

Pascal a pris conscience de ce que peut un principe général, convenablement choisi. Il s’occupe bientôt de déduire de ses connaissances scientifiques l’invention d’un instrument pratique auquel la théorie devra conférer son infaillibilité. C’est pour aider son père dans les calculs infinis auxquels celui-ci était obligé, qu’il conçut l’idée de cette invention. Il pensa qu’il devait être possible de réduire en mouvement réglé toutes les opérations de l’arithmétique, et, par conséquent, de construire une machine qui les exécutât. L’idée générale une fois trouvée, il se préoccupa de tous les détails de l’exécution, car il n’était pas de ceux qui se contentent de marquer la puissance de leur génie par l’indication d’un plan général, en laissant aux esprits secondaires la tâche de la réalisation. Il voulait mener son œuvre jusqu’au point où elle serait immédiatement et facilement utilisable. Il essaya donc toutes les combinaisons possibles ; il fit jusqu’à cinquante modèles. Il surveilla lui-même le travail des ouvriers. Il montra une obstination incroyable à triompher des difficultés théoriques et pratiques, de celles qui venaient de l’inhabileté des hommes, de celles aussi qu’il commençait à rencontrer du côté de sa santé, mal armée pour une application si opiniâtre.

Il réussit enfin, après deux ans de travail (1640-1642). Dans la lettre par laquelle il présente sa machine à Mgr le chancelier Séguier, ainsi que dans l’Avis qu’il publie pour ceux qui voudront s’en servir, il réfléchit en philosophe sur le travail