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le temps où il a le plus cru. De son côté, Ernest Havet, très exact, savant et solide exégète, considère et juge Pascal du dehors, au nom de son propre rationalisme. Après les travaux récents d’Édouard Droz, Ravaisson, Sully Prudhomme, Rauh, Michaut, Brunschvicg, Victor Giraud entre autres, on peut dire que Pascal, tel qu’il a été dans sa propre conscience et tel que ses amis l’ont connu, a décidément remplacé le personnage, en partie composé par les écrivains mêmes, que depuis longtemps on présentait sous son nom. Désormais l’auteur des Provinciales et l’auteur des Pensées, le grand savant et le grand chrétien, l’honnête homme et l’ami de Port-Royal, le dialecticien et le croyant, ne prennent plus à tâche de se nier l’un l’autre. Considéré du point de vue de l’histoire proprement dite, Pascal apparaît comme un génie très riche, avide d’unité et d’excellence, dont toutes les puissances, sans s’affaiblir, se sont rangées sous la foi, sous l’amour de Dieu.

Et ce Pascal véritable ne semble pas moins capable d’influence que celui que les hommes formaient à leur image.

Longtemps satisfaite des systèmes d’apologie qui s’appuient principalement sur la raison pure et sur l’autorité, l’Église catholique voit se produire, dans son sein, de remarquables efforts pour chercher les premières raisons de croire, non plus dans les objets de la foi, mais dans l’homme et dans sa nature. Selon cette méthode, la condition première de toute démonstration de la religion serait l’éveil, en l’âme humaine, du désir de posséder Dieu, désir qui, à la