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mondain. Condamnées à Rome au point de vue du dogme, elles firent condamner, et par la conscience publique et par l’Église, la morale relâchée des jésuites, et elles contribuèrent à la suppression de l’ordre en 1764.

D’autre part, la doctrine des Pensées sur la corruption naturelle de l’homme et sa régénération par la grâce, sur la misère de l’homme sans Dieu et la grandeur de l’homme avec Dieu, sur l’accord intime de l’action humaine avec l’action divine, se retrouve plus ou moins dans le christianisme du xviie siècle et dans les systèmes de ce temps qui s’inspirent de la religion. Tels les enseignements de Bossuet ou de Bourdaloue, les vues de Racine, de Boileau ou de La Bruyère, les systèmes de Malebranche, de Spinoza, de Leibnitz. Il ne semble pas, toutefois, que la relation précise établie par Pascal entre le christianisme et la nature humaine ait été pleinement comprise et appréciée par ce siècle, dominé, malgré qu’il en eût, par l’esprit dualiste du cartésianisme.

Cependant la raison, mal satisfaite de l’indépendance relative que lui avait reconnue le xviie siècle, prétendit, avec les philosophes du xviiie, à l’indépendance absolue. Pascal apparut alors comme un exemple dangereux, dont il importait de détruire l’influence. Déjà Leibnitz, en même temps qu’il professait la plus grande admiration pour Pascal savant, reprochait au chrétien d’avoir eu l’esprit plein des préjugés de Rome, et insinuait que de bonne heure son intelligence s’était dérangée, par suite d’austérités excessives. Plus exclusif, Vol-