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l’ambition, la simplicité et l’habileté, la puissance d’abstraction et l’imagination, la passion et la volonté, la spontanéité d’une nature généreuse et le goût du travail, de la lutte et de l’effort. Un trait dominant de son caractère était la fantaisie de vouloir exceller en tout. Cette exigence de la perfection l’empêchait d’admettre les tempéraments, les concessions, les moyens termes. En toutes choses il cherchait l’absolu. Les qualités mêmes qui paraissent le plus difficilement compatibles, il les poussait à l’extrême, et il prétendait les ramener à l’unité.

Son esprit a passé par plusieurs phases, déterminées par son génie naturel, par les circonstances et par sa volonté.

Élevé par son père dans le principe du compromis entre les intérêts temporels et les intérêts spirituels, il apprend que la vraie religion chrétienne oblige à n’avoir point d’autre objet que Dieu seul. Il embrasse aussitôt cette manière de voir, où il trouve la perfection et l’exactitude dont il est avide. Et cependant ses attachements profanes persistent dans son âme ; et, son intelligence ayant eu dans sa conversion plus de part que son cœur, il oscille entre l’amour de Dieu et l’amour des sciences. Puis, vivant dans le monde, il en est séduit ; et il prend conscience de la profondeur, de la beauté, de la dignité de la nature humaine. Il observe et il éprouve que la passion est l’essence de l’homme, et que la passion consiste, au fond, dans le besoin de posséder un objet égal à la capacité du cœur humain. Désormais il cherchera dans l’homme même le fondement de toute doctrine qui voudra s’imposer à