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lons nous-mêmes à diminuer en nous la triple concupiscence des sens, de l’esprit et de la volonté. Par elle nous libérons notre cœur des objets périssables et vils qui le déshonorent, afin qu’à leur place rentre en lui l’amour de Dieu. Et, en effet, l’amour de Dieu le remplit à mesure qu’il s’épure. Car c’est sous son influence même qu’il luttait et se mortifiait. La souffrance de plus en plus docilement acceptée est le signe de la régénération intérieure.

L’amour de Dieu, ce devoir suprême qui seul donne un sens à tous les autres, et qui pourtant dépasse infiniment les forces de notre nature, se réalise en nous sous l’action de Dieu, et, dès cette vie, nous appelle au partage de la vie divine. Nous ne saurions toutefois nous y abandonner passivement et nous affranchir de la lutte et de l’épreuve. Comme la nature n’est qu’une image de la grâce, ainsi la grâce elle-même n’est que la figure de la gloire. La vie du chrétien est le progrès de plus en plus libre et joyeux de l’âme vers un terme que la mort seule lui permettra d’atteindre.