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Bible offrait à notre raison. Certaines prophéties semblent ne s’être point réalisées : c’est que nous les entendons mal. Nous leur prêtons un sens matériel, alors qu’elles en ont un spirituel. Les Juifs attendaient un Messie puissant selon le monde, parce qu’ils étaient charnels. Le chrétien sait que l’ordre de la grandeur matérielle n’est rien devant l’ordre de la charité, et il entend la royauté du Messie dans le sens de sa grandeur morale. Il en est de même des figures et des miracles. Les figures veulent être interprétées en esprit et en vérité, sans que pourtant cette interprétation laisse aucune place à l’arbitraire. Les miracles qui prouvent la religion doivent être distingués des autres car il y a de faux miracles, sans signification et sans valeur. Tantôt les miracles discernent la doctrine, tantôt la doctrine discerne les miracles. L’amour de Dieu est, ici encore, le guide nécessaire et infaillible. Il fixe notre raison, qui, d’elle-même, erre à l’aventure quand elle s’occupe des choses surnaturelles.

La clarté qu’il trouve désormais dans la Bible, l’homme la trouve également en lui. Aux yeux de la raison naturelle, il n’était que contrariété et impuissance. Il connaît maintenant, et l’ordre qui est au fond de sa nature, et la cause et le remède du désordre qui s’y manifeste.

L’homme a trois facultés : cœur ou volonté, raison, sens. Si ces facultés sont actuellement en conflit les unes avec les autres, c’est que leurs rapports primitifs sont renversés.

Le cœur, suivant sa pente actuelle, va vers le moi comme vers sa fin suprême. Cette tendance est